C'est l'histoire d'une question à l'Assemblée Nationale.
Toutes les semaines, dans le rituel démocratique qui fleure bon les sièges en feutre rouge de l'Assemblée, des députés posent des questions, parfois dicté par un intérêt politique et/ou corporatiste, ou couramment amené par la volonté de complaire à un administré qui aura été rencontré dans de baroques permanences qui hésitent toujours entre le notable, le comptable ou l'étable.Souvent, il est question de convictions.
Plusieurs journaux en ligne, dont Slate et Numerama on fait écho d'une question récente du Député Vanneste à notre cher ministre en papier Bible. On ne va pas épiloguer sur ce député ; sachons juste ensemble que celui-ci était un de ceux qui s'étaient opposé à Hadopi, alors qu'il avait été le rapporteur de la DADVSI, ce qui au premier abord ne semble pas des plus cohérent...
Ce n'est pas le seul "fait d'arme" de ce député, je vous laisse en compagnie du moteur de recherche de votre choix pour connaitre par ailleurs ses positions sur l'orientation sexuelle de chacun, bien que cela ne soit pas notre propos.
Cette question portait sur l'avis du ministre concernant une étude iconoclaste d'universitaires à propos du piratage et de la riposte graduée.Une étude qui, comme le dit Slate est certes bien menée, mais ne peut être considérée comme évangile au regard de la petitesse du panel interrogé et du mode opératoire.
Grosso-modo, même si vous pouvez en trouver la lecture complète ici, elle décrit les habitudes qui n'étonnera aucun des internautes s'intéressant un petit peu au monde qui l'entoure. Soit que Hadopi, s'il a certainement vidé des réseaux P2P les moins rompus à la chose informatique et ceux qui ont trouvé des modes de téléchargement gratuit alternatifs ; qu'aujourd'hui, il apparait que si le nombre de pirate P2P a baissé, l'offre d'une facilité incongrue sur les autres réseaux a au contraire considérablement augmenté.
Au final, Hadopi a fait plus que se tirer une balle dans le genou : en mettant en lumière la possibilité de télécharger autrement, elle a libéré les pratiques et prouvé qu'il y avait plus sur et plus efficace que les réseaux visés par Hadopi. Et, je le répète, je le dis avec encore plus de conviction que je ne télécharge pas, amoureux que je suis du support physique, recevant sufisamment de disques dans le cadre de mes activités et ayant de relatifs moyens qui me permettent de financer les artistes...
A la question du député, Le ministre en papier-bible a "oublié" les autres réseaux pour ne se rappeler que de la baisse de fréquentation du réseau P2P. Il a oublié de dire qu'un Internaute qui n'a plus de connexion Internet ne peut plus "consommer" de produits dématérialisé, même légaux. Il a perdu de vue qu'à force de reculades, la loi Hadopi et ses jolis petits courriers a fait plus pour le droit d'auteur de la littérature spécialisée et satirique que pour la musique et le cinéma. Il a fortuitement obéré que régler les conséquences avant les causes n'avait toujours fait que la fortune des marchands de soupe... A croire que la loi Hadopi, comme la plupart de l'arsenal juridique conséquent édicté par ce gouvernement, n'est là que pour bouger médiatiquement, faire peur et permettre à la frange la plus rancie intellectuellement de penser le monde tel qu'il ne l'est plus...
Ce qui est amusant dans la réponse du ministre, c'est cet aveuglement. Tout le monde sait que ce n'est pas le répressif qui fera vivre le spectacle vivant, mais la juste rémunération des intermittents et une politique culturelle volontariste et portée financièrement. Mais comme Du Guesclin habillé en éternel communiant, notre ministre préfère la langue de bois à l'abandon du saint combat pour le goinfrage des majors.
On ne l'aurait pas imaginé si politique, finalement.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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