Je ne rentre plus depuis très longtemps dans les "chaines" qui animent les blogs régulièrement, à la fois car les questionnement sont souvent vains, mais également parce que je ne goute que très peu à ce genre d'exercice... Je fais ici une exception car ma copine Laure m'a inclu dans une chaine qui demande aux blogueurs de citer trois choses qui vous sapent le moral et trois choses qui vous le donne.
Ayant décidé ici de ne pas parler directement de politique, hormis le fait bien sur que j'estime qu'avoir une posture sur la Culture et l'Education Populaire, comme sur les médias est déjà une prise de position politique ; puisque, comme dirait l'autre, tout est politique. Dans les choses qui m'agacent, voire qui me désole, on pourrait notamment parler de la situation sociale et économique induite par un système délétère et autophage... Ne partons pas dans ces tranchées qui m'amènerait loin de mon propos habituel sur Sun Ship -laissez moi avoir cette coquetterie-.
Actuellement, dans les choses qui m'agacent, je reviendrai bien sur la pétition que j'évoquais il y a quelques jours. Pour illustrer deux choses qui me semblent absolument insupportables, et qui seront les deux premiers sujets. Aragon disait "quand le blé est sous la grêle, fou qui fait le délicat". Aussi je peine à voir quelques artistes du sérail pếtitionner contre d'autres au motif que cette école-ci est mieux que cette école-là.
Tout est question d'ego, et l'ego m'ennuie, tout comme cette volonté absolue de vouloir toujours coller des étiquettes sur tout ce qui bouge ; de vouloir toujours jouer à la mesure d'orgueil. Alors même que la politique culturelle n'a jamais été, peut être, dans l'après-guerre, aussi négligé, cuistre et orthonormé, alors même que le simple fait de penser, de réfléchir ou de créer est devenu une activité honteuse, qui se cache sous les draps d'une nuit intellectuelle, dénoncer son confrère pour espérer encore survivre grâce à cet hideux parti-pris n'est pas seulement lâche, c'est honteux. Ceux qui s'y livrent me détruise, d'autant que la mauvaise foi, les ergots de coulisse, les ambitions et ces querelles de basse-cour n'ont qu'une seule finalité, renvoyer tout le monde dos à dos lorsqu'il faudrait être main dans la main ; et penser bien qu'en face, ceux qui tiennent les cordons de la bourse aux subventions se régalent en jouant l'un contre l'autre...
Lorsque ces egos auront compris que les vrais mélomanes ne s'embarrassent pas de tel ou tel style, de tel ou tel école, de tel ou tel cocktail, qu'il faut travailler, créer et produite ensemble, le monde n'en sera plus que meilleurs.
On en arrive au deuxième point, cette mentalité de survie lamentable qui a transformé le "tous ensemble" en "chacun pour soi" et pour finir en "tous contre tous". Cela peut s'étendre à l'ensemble de la société ; la télévision-lexomil, arme de décérébration massive du siècle, outil façonneur d'opinion, rétrécissant de pensée, galvanisateur de bas-instincts a durablement annihilé toute forme de réponse contruite, notamment à l'horreur économique, écologique et culturelle dont on a hérité... Et au milieu de cela coule une rivière d'emballement médiatique où un clou chasse l'autre. Chacun va essayer de s'en sortir au détriment de l'autre. Et c'est tout aussi insupportable.
On en arrive à la troisième chose qui me sape le moral. C'est finalement la synthèse de ce qui précède. Cet après-midi ont fleuri les premiers maillots de l'Equipe de France, comme un réflèxe pavlovien et communautaire, non plus d'opinion ou de solidarité, mais communautaire d'émotion, qui est avec la "gentillesse" la pire chose qui ait été inventé...
Encore une fois, ce n'est pas le foot qui est en cause ; j'aime le foot depuis plus de trente ans. C'est cette espèce de communauté factice et dépressive qui peut rassembler sur l'ordre du gourou télévisuel, alors même que personne ne se mobilise avec autant de masse pour les retraites... D'autant plus lorsque cela double d'une pensée en boîte -périmée- toujours dans le sens du manche. les journalistes audiovisuels des grands-messes de l'info font tellement pour cela...
On dira dès lors que ce qui me plombe ne me laisse que peu de répit...
Il y a pourtant tant de choses qui me font espérer et me donnent le moral ! Tout d'abord ma petite Garance qui découvre tout avec des grands yeux ouverts et qui en écoutant Mingus ne sait même pas que c'est du jazz. D'être là à ses côtés pour lui donner le libre arbitre nécessaire et la volonté de construire avec les autres...
Ensuite, le plaisir d'ouvrir sa boîte au lettres et de découvrir de nouveaux disque et des petits mots sympas ; le plaisir toujours renouvelé  de découvrir une musique riche, inventive et collective et de constater que si la Culture est attaquée, ses protagonistes se portent bien dans la Création et l'ouverture à d'autres horizons.
Enfin le plaisir de regarder un planisphère et d'imaginer quelle sera la prochaine découverte, les prochains plats, les prochaines architectures, les prochains habitants... Et de la faire avec ma fille...
Et pour poursuivre la chaine, j'aimerai savoir pour Sophie, Eric et Raphaëlle...
Et pour finir, une photo qui traite du sujet... Mais promis, c'est la dernière avant quelques jours...

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