L'été est toujours l'occasion de remettre la main sur des disques oubliés, rangés, un peu empoussiérés parfois, ou qui trainaient dans une pile en vue d'une écoute sérieuse, et qui passait son tour à chaque nouvelle livraison...
J'ai mis l'oreille il y a quelques semaines sur un disque qui me faisait de l'œil depuis longtemps, et dont j'avais remis l'écoute à un sempiternel plus tard, il s'agit du "Souffle des Terroirs", l'un des premiers disques du Label Yolk, à l'époque où celui-ci restait un peu plus cantonné aux rives ligériennes (et où les pochettes étaient moins belles qu'aujourd'hui !).
Un disque attachant, qui revisite à sa façon une forme de folklore imaginaire, prenant de ci, de là des bribes de répertoires et des formes de rythmiques de divers horizons... On pourra dire qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil et qu'il s'agit d'une musique déjà maintes fois entendue, mais il y a dans ce genre d'exercice la nécessité de trouver un angle poétique, devrait-on dire nostalgique, qui joue parfaitement son rôle ici sur un morceau comme "Pia : 1,2,3 soleil", sorte de petit bal perdu où une fanfare tournoie avant que Philippe Alaire s'offre une digression au piano.
On sent le Souffle des Terroirs bâti pour jouer devant un public, emporter le public dans la danse et éclairer les Musiques Improvisées d'un jour plus populaire, plus grand public tout en gardant une rigueur et une esthétique teintée de beaucoup d'humour... Qui le reprocherait ? Le plaisir manifeste que prend le groupe à arpenter des balkans fantasmés dans le morceau "Serifos" est une réponse on ne peut plus claire !
Le groupe dirigée par le flûtiste et accordéoniste Pascal Vandenbulke, connu par ailleurs pour avoir été le leader du "magmaïen" groupe "Dün" dans les années 70 prend un plaisir manifeste à baguenauder dans de disparates influences de baloche et de le transformer en un matériel plus riche et plus arrangé.
Au delà du plaisir d'entendre des musiciens comme le trompettiste Geoffroy Tamisier, François Ripoche -de Francis et ses Peintres- ou le tromboniste Jean-Louis Pommier avec quelques années et quelques rencontres de moins au compteur, le disque ayant été enregistré en 2001, il démontre s'il était besoin le vivier et le dynamisme de la Loire Atlantique en ce qui concerne les Musiques Improvisées, et la capacité, déjà à l'époque, de faire venir des "noms" comme Steve Potts (qui a notamment joué longtemps avec Steve Lacy) dans ce genre d'aventure.
Belle Découverte !

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

77__Vague_phare