Durant cet été, on continue les petites découvertes fortuites qui nous sortent un peu de l'actualité et permettent de découvrir des petits bijoux...
C'est par hasard, en voulant acquérir "déviation", les 3 premières faces du solo de violoncelle de Didier Petit, commandé directement finalement sur le site de "La nuit transfigurée", que j'ai découvert "Naviguer, le chantenbraille", un disque de Didier Petit avec notre "horloger déterritorialisé" préféré, le formidable Dédé Minvielle sortie en 2006 et à l'affiche si alléchante qu'il était 48h plus tard dans ma boite aux lettres.
Didier Petit au chant et au violoncelle, ce violoncelle si expressif, vivant, grinçant, tranchant frappant les cordes comme pour mieux les attendrir et Dédé Minvielle et son sens inouï du rythme et de la phrase juste, à la fois jouant de la bouteille et de la vielle à roue, cela sentait bon l'émulation et les chemins de traverse, l'hommage au Mot et aux musiques vivantes, le feu du jazz roulant sur l'amitié et la poésie. L'espoir n'est pas déçu, et c'est un feu d'artifice qui crépite durant les dix morceaux captés live entre 2003 et 2004, d'une virée en Corée à des scènes françaises toujours heureuses d'accueillir ces deux fins improvisateurs.
Le disque se sépare en des "classiques" du répertoire de Minvielle, comme "Pas l'temps de m'ballader" ou "Lagenaria" qui se retrouve densifiés par l'apport du Violoncelle de Petit (entendre ce magnifique travail sur Lagenaria !), ou des pochades qui tiennent du sketch mis en musique comme "Les sons de l'amour" qui nous offre une mémorable imitation d'Enrico Macias par Minvielle (oui, tout est possible !) mais aussi en digressions intimes de Didier Petit, dont le magnifique "Le chantenbraille" qui rappelle l'une des mélodies de "Don't Explain" dont nous parlerons prochainement.
La communauté d'esprit, la vision artistique entre ces deux artistes se tresse à mesure que l'album avance, jusqu'à s'entrelacer absolument dans "La Petite Mélodie" pleine de force et d'implication, pleine de poésie et de tension sans pour autant s'annihiler la joliesse. On sait Minvielle friand de ce genre de rencontre, qui ressemble dans sa forme à ce qu'avait donné le concert qui avait marqué sa rencontre il y a quelques années avec Denis Charolles ; le public, comme l'auditeur quant à lui ne peut être qu'aux anges de ce genre d'association, tant ça mousse, tant ça fonctionne, tant c'est tout simplement une image enthousiaste de la musique improvisée qui est donnée ici, et qui ce finit sur un "Summertime" de contrebande où Minvielle avoue "My English is Titanic" avant d'entonner du Nougaro.
C'est aussi ça qui donne espoir en cette musique !

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