Durant l'été, Own Virago, le nouveau projet de Marion Rampal a été mis mis en exergue par une diffusion de son concert au festival jazz de Porquerolles sur le site d'Arte Live Web, nous en avions déjà parlé, et c'est avec enthousiasme que je vous avais enjoint à regarder ce beau moment de scène, l'occasion de découvrir la marseillaise et ses fidèles musiciens dans un spectacle plein d'âme et de chemins différents.
La musique de Marion Rampal est très personnelle, se nourrit de jazz et des musiques improvisées que Marion connait par cœur en étant depuis longtemps compagnon de route de Raphaël Imbert ou de Christophe Leloil ou Carine Bonnefoy au sein de la compagnie Nine Spirit qui produit cet album. Il est toujours de bon ton de vouloir ranger le monde dans des petites cases, dans des genres et des sous genres factices quand il conviendrait de savoir ce qui est honnête et n'a pas de motivations bassement commerciales, le reste n'étant qu'affaire d'appétence et de sensibilité.
A ce jeu, nous serons bien obligé de classer Own Virago dans le rock, puisque la structure des chansons écrites et composées par la chanteuses se rapproche de cela, impliquant tout de même ça et là, dans un riff de la guitare acide d'Aurélien Arnoux, ou dans les traits de piano de Fabien Ottones des teintes de jazz qui ont bien plus d'âme que ces ridicules chanteuses médiatiques de type Jane Monheit ou Melody Gardot ; mais parlons plutôt d'Own Virago que de ces purulences médiatiques aussi plâtreuses qu'un brie de Meaux industrielle et n'ayant qu'un charme relatif comme seul bagage musical ! Own Virago prend sa dimension jazz sur scène, où les chansons digressent et s'étendent, et gardent un format plus pop dans le disque.
Marion Rampal fait partie de cette jeune génération de chanteuses qui semble pouvoir jouer sur plusieurs registres, interpréter, au sens premier du mot la chanson en y mettant de l'âme et au besoin de la rocaille ; la différence est de taille.
Own Virago dresse 10 portraits de femmes, 10 visages mythologiques, 10 univers aux atmosphères contrastées mais qui créent un continuum pour un album très cohérent. Dans ces dix histoires, Marion va de la ballade qui parfois fait penser à Tori Amos, comme dans le beau morceau "Wattana" à la chanson plus puissante comme "Hystoria" -on appréciera le jeu de mot- qui invoque d'autres chanteuses et d'autres atmosphères, et notamment Janis Joplin... Cette dernière n'est que très rarement cité au sujet de cet album. La sensibilité semble pourtant limpide.
Own Virago est une réussite ; et cette "libre pop musique" mérite d'être défendue, comme cette chanteuse qui apporte tant d'âme et de fraicheur à un paysage pop qui est pour sa face mainstream depuis longtemps en coma dépassé...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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