Samedi, entre la Foire qui prenait bruyamment de son essor et la pluie battante qui mouillait les rues poussiéreuses de Rouen, je me suis mis en train pour voir un spectacle donné dans la belle chapelle St Julien du Petit Quevilly, à deux pas du métro du même nom avec sa fresque classée et son acoustique de dingue.
Le genre de petites chapelles rustique qui ne paye pas de mine, abandonnée du culte et qui offre de bien plus consistantes nourritures terrestres, avec en son choeur une véritable mine acoustique élevée, tournoyante et vraiment profonde... J'ai été heureux d'y entendre la musique de mon ami Antoine Berland, dont on a déjà parlé avec Sanguisorba notamment, et dont la musique, à cheval entre les brisures contemporaines et la musique improvisée poétique et radicale a toujours été source de plaisir et de découverte.
A l'occasion d'un "décrochage" de peinture ayant élu domicile dans la chapelle, Antoine proposait un programme vocal avec Margot Mellouli (soprano) et Perrine Devillers à la clarinette basse. Le mélange de ces deux tessitures, la profondeur soyeuse de la clarinette basse et la magie de l'endroit associé à la fine écriture avait juste quelque chose de magique ; la voix de Margot surtout, magnétique et pleine...
Dans la salle, pour ce concert au débotté, sans trop de communication, une trentaine de personnes, conquise par le plaisir manifeste de jouer cette musique dans un lieu qu'il conviendra d'investir plus souvent. Sur qu'on en reparle !
On se quitte avec Margot...

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