Il y a parfois des côtés extrêmement salvateur à n'avoir le temps de rien, voire à bénéficier de quelques bulles de procrastination active qui permettent de voir ce vieux monde qui se délite. Entre les espoirs désabusés des éveillés qui battent avec courage le pavé et les rots satisfaits des hébétés qui plaignent leur bagnole qui-ne-fait-rien-qu'à-être-prise-en-otage, il tourne toujours trop vite et bat une chamade médiatique.
Il parait qu'on change avec des gosses ? Ben tiens, non, mais on supporte de moins en moins la vacuité et l'inutile, le parasitage et le vide... En tout cas, c'est mon cas. Moins le temps se trouve pour regarder ce vide irritant, plus son expression devient horripilante. J'avais du mal à regarder un 20h en entier sans vociférer, je n'en ai pas vu un seul depuis septembre ; et c'est fou comme cela fait du bien !
Les 20h, je ne les apprends que sur Twitter, devenu avec Owni, Rue89, Electron Libre, LeMonde.fr, France Culture, RFI, la RTBF, Le Canard Enchainé et Rezo mes seules sources d'information sans qu'il ne me semble perdre la moindre miette, voire qui me permet de raffiner la daube.. Sur les médias traditionnels, manifestement, c'est en tout cas ce qui me revient, on semble se goberger d'un éventuel remaniement ministériel. Il m'a semblé voir un publi-reportage dans l'émission du Dimanche de Canal où un avocat d'affaire spécialiste des reprises d'entreprise en faillite s'était déguisé en premier communiant propret pour se vendre en chef des Shadocks.
Visiblement, ça a l'air d'exciter tout le monde. Parait qu'il y avait la même sur France 2 ce soir. Pourtant au fond, mis à part qu'une ataraxie bredouillante va remplacer un jansénisme sourcillier, quelle différence ? Et surtout, cela mérite-t-il qu'on en fasse une telle montagne ? devrai-je en parler dans un billet ?
Ben non, mais quand même. Parce que selon Electron Libre, on va me retirer mon ministre en papier-bible (certes, pour le remplacer par une bible tout court, mais ce n'est pas la question). C'est décevant d'avoir eu raison : la poussière prise, on le revend...
Ainsi donc, notre prochain ministre de la Culture pourrait être le bonapartiste Max Gallo ; l'idée est signifiante, et révèle la nature profonde de beauf-qui-kiffe-Christian-Jacq de celui qui le nomme, sans doute pour superviser son "grand-travail", le Musée de l'Histoire de France (il me chauffe d'écrire "par deux enfants"). On pourrait gloser à l'infini, se dire que s'il faut faire du best-seller pour diriger la France, Jean Montaldo sera peut être bientôt au Budget, mais non. Le stade supérieur de la cuistrerie triomphante est passé et les gesticulations ennuient.
Ce qui est plus inquiétant, c'est de mettre ces publi-reportages en perspective de l'info du jour (et de demain) et ce sinistre classement. Au fond, n'est-ce pas une raison nécessaire et suffisante pour continuer de marcher dans les frais matins de novembre ?

Et une photo qui a à voir, quand même, au fond.

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