Comme un seul homme.
S'il y a bien une constante aux décisions prises depuis 2007 par nos chers dirigeants, c'est bien de mettre sous l'éteignoir Internet et de le livrer à la vindicte des ignorants, se faisant tigre de papier lorsqu'ils ne sont que dinde faisane avec la rouerie d'une volaille.
Interdire, réglementer contre un média qui glisse peu à peu de la liberté des premières heures à -pour la plupart des utilisateurs- une télévision augmentée qui donne la géolocalisation de la neige et la taille des points noirs de Justin Bieber,  c'est tout de même un peu vain. Mais dans la rhétorique, Internet contient le mal, il convient de le baliser pour que les braves gens ne tombent pas dans le stupre, voyez-vous. Je ne vais pas vous refaire le coup du désert des Tartares, Beaucoup de français savent très bien qu'Internet est aussi séditieux qu'une chanson de Patrick Bruel sur le racisme qui n'est même pas gentil et la guerre que même que c'est pas bien. Pour les autres, en Internet comme en toutes choses, la peur bat son plein.
On ne parlera pas de Wikileaks, dont le cas est particulier tant il illustre à merveille l'effet Streisand qui est en général la marque de ceux qui n'entendent rien à la communication sur Internet ; quoique : pendant que l'on regarde les câbles sur le Botox des dirigeants sahariens, on ne regarde pas ailleurs ! Alors, interdire l'hébergement en France, c'est aussi réaliste que de faire un barrage sur la Loire avec des barrières de chantier, mais si on ne le sait pas, ça donne une impression d'action...
Et de bonne volonté diplomatique ; il semble que ce genre de chose soit importantes.
Il n'en est rien en revanche des manifestations de Facebook. Car l'interdiction est pavlovienne. Phénomène de Société ? on interdit. Habitus générationel ?On interdit. Festivité cherchant à échapper au morne quotidien ? On interdit. Comme on le faisait dire à feu Raymond Marcellin, ministre de l'Intérieur : "J'aime la Liberté, mais dans l'Ordre". Ce n'est plus un fait politique, c'est un mantra.
Peu importe que la plupart de ces manifestations soient montés en épingle où soient aussi dangereuses qu'un pistolet à eau tiède. Il y a eu un mort, voyez-vous. Et ne vous posez pas la question de combien de morts ont fait les fêtes vomitives des bourgs au 15 aout. Car celles-ci sont autorisées par la Préfecture...
Au delà de l'inanité de ce genre de décisions, goutons un peu le ridicule de la situation... Car que va faire Facebook pour censurer les appels aux rassemblements non-dûment tamponné par l'autorité en charge ? Se connecter à 36-15 Préfecture ? Créer une cellule spéciale "Sous-Préfecture de l'Aube" en Californie ?
Cela aura au moins eu le mérite de nous faire rire un peu.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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