Vous aurez peut être remarqué le silence assourdissant de ce blog. 3 Semaines. Ce fut bien indépendant de ma volonté, comme l'on disait lors des pannes impromptues de la télévision de ma prime enfance, lorsque la propagande se faisait presque tendre tant nous n'avions pas les codes pour la comprendre...
Si ce blog s'est tu, c'est que je n'avais plus de voix. Plus d'essence dans le moteur ; plus rien en fait. Une grippe qui perdure et s'infecte, ce n'est pas seulement la faute à pas de chance, c'est le corps qui dit stop par ses moyens de corps. Un peu rustre mais efficace.
Plus de douze jours sur le carreau et l'impression de flotter dans une nasse faite de limbes et de dégoût, de temps qui file et qui ne s'égraine pas, la tête propre aux délires. Un soleil de glace dehors, de ces soleils froids qui donnent envie de déambuler dans la ville mais avec l'impression de claquer les dents à chaque carrefour et de respirer comme un vieillard cacochyme. Alors je restai à ma fenêtre, contemplant les nuées affairées courir vers ce que je n'étais plus en état.
Certes, du temps retrouvé pour la lecture et le sommeil, mais également pour écouter l'info, comme une punition subsidiaire. L'occasion de constater le robinet continuel du buzz permanent livre un liquide de plus en plus saumâtre et de plus en plus amer, une infâmie torturé par des bougres pour qui les mots n'ont même plus le sens qu'ils veulent leur donner.
A part la catastrophe du tsunami nippon, rien n'a réussi à me sortir de ma torpeur fébrile. Je ne suis pas l'un de ces voyeurs qui se repaissent de la catastrophe en laissant perler au coin de l’œil une goutte de pur jus de commisération, mais je suis certainement trop rempli de la culture nippone pour ne pas ressentir le 11 mars comme un petit 11-septembre intime à regarder, scotché, cette vague avancer. Cette peur multi-millénaire du tsunami qui emporte tout, là, crument sur mon petit écran de marque coréenne (une vengeance, sans doute). J'ai pensé à Spirit of the Sun et aux lieux que j'aime, mais les speakers avides tirent toujours de la rêverie.
Parce que vous comprenez ma pauv'dame. C'est que tout ce beau bordel, ça va couter aux assureurs européens. Et la crise-dans-le-poste elle est loin d'être terminé...
Il faudra un jour étudier l'effet émétique de l'allumage d'autre canaux que France Culture pour se pastiller les informations. Il faut dire que la période fut particulièrement servie, à moins qu'elle ne soit directement servile. On passera sur les sondages manœuvriers de quelques égoutiers de la stat aux ordres pour revenir sur les discussions méphitique qui consiste à savoir qui est le plus laïcard et qui préfèrera mieux le saucisson que l'autre pour affirmer son terroir. Le terroir ou comment essayer de transformer de l'intime (parce que le terroir au fond c'est l'idée que l'on se fait de son lieu de vie et son plat préféré, souvent celui que faisait ses parents. Le reste c'est de l'émotion. Et c'est dangereux l'émotion...) en une pseudo communauté. Parce qu'à force de casser le pacte et le tissu social, on créé des père noël de pacotille pour faire briller les yeux de ceux qu'on prend pour des enfants ?
Allons donc...
Pour marquer un terrain en bon roquet, certains pissent autour ; d'autres bouffent du saucisson ou vantent un héritage chrétien qui est un tel truisme que le seul fait de la dire laisse planer un doute sur ses motivations. Pourquoi dire ça ? Pourquoi toujours en appeler à cette histoire de France fantasmée de la IIIème République qui font des Hommes les pions ballotés du grand vent de l'Histoire et de ses images d'Epinal quand ce sont ces mêmes Hommes qui bâtissent l'Histoire. S'il y avait encore un doute, il n'y aurait qu'à regarder l'étincelle qui a mis le feu à la plaine dans le sud de la Méditerranée !
Pourquoi alors ? Pour des raisons électorales ? Parce qu'à force de communiquer sur du vide et de sauter de Buzz en Buzz comme Tarzoon le faisait de lianes en lianes (avant de se prendre un arbre en bois massif), plus rien n'est cohérent ou tend justement vers ce "Pétainisme Transcendantal" cher à Badiou ?
La fièvre m'aura sans doute fait délirer...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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