Profitant d'un jeudi non pluvieux au mois de juillet, puisqu'ils en arrivent, je me suis précipité sur la place de la Cathédrale de Rouen pour profiter du trio lillois de Stefan Orins, que j'avais tant apprécié en disque. Nous en avions parlé en avril dernier. Petite déception d'abord de trouver la scène aussi collée aux débits de boisson... Je sais que l'idée des terrasses est de remplir les terrasses (ça se tient !) mais les musiciens manquaient d'espace et la plupart des attablés -nombreux !- leur tournaient le dos. La musique du trio se moque heureusement des circonstances, et emplit la place de cette musique qui transporte de Flandres en Suède par l'évocation de portraits, de lieux, de couleurs... Comme dans le disque Stöt, on retrouve ce sérieux dans la visite de l'abstrait, cette rigueur à trouver la plus simple expression dans la complexité des mélodies.. Avec en plus une envie visible de jouer ensemble.
Les trois musiciens du collectif Circum, l'un des plus intéressant de l'hexagone par sa diversité et sa radicalité venaient pour la première fois à Rouen ; après un premier set à 18h30 joué assez calme comme c'est presque devenu la règle pour les terrasses. En second set, on retrouve avec plaisir des morceaux comme "August Strinberg" qui marquaient le dernier album et qui annonce un jeu plus libre, plus en mouvement. on retrouve également beaucoup de poésie sur un morceau comme "Tristan".
C'est un plaisir de découvrir la finesse de Stefan lorsqu'il visite les basses de son piano et qu'il se mèle à la contrebasse de Christophe Hache. Quant au batteur Peter Orins, son jeu coloriste et plein de parcimonie malgré sa capacité à offrir plein de chemins nouveaux et des échappées rock. C'est très clairement la clé de voute de ce trio, notamment dans l'entente avec son frère.
Une chose est sure, on espère revoir les lillois de Circum plus souvent par ici !

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