Alors que Frédéric Martel vient à Rouen cet après-midi à la Librairie Armitière pour présenter son nouveau livre "J'aime pas le Sarkozysme Culturel" que j'ai dévoré en début de mois, notre cher ministre en papier-Bible signe depuis quelques semaines le paragraphe final d'une mandature. Elle fut celle de l'abandon de la Culture en rase campagne, avec quelques coups de pied au train, histoire d'être sur qu'elle ne reviendra pas de sitôt...
On aura l'occasion, peut-être, dans les semaines qui viennent, d'en faire le florilège. Il sera triste ou savoureux selon l'issue.
Mais l'un des moments les plus savoureux de ce quinquennat culturel restera la Carte Musique Jeune. Ce revival poisseux des années 80 monté à la va-vite par le service marketing pour essayer de mettre des barrières de chantier pour empêcher la mer n'était même pas une fausse bonne idée. La Carte Musique Jeune, c'est tout simplement la preuve intrinsèque que ce gouvernement, dans sa lecture absolument idéologique de la Culture vue sous le prisme de l'économie n'a jamais rien entendu en matière d'Internet de de partage. Il y aura tant de prismes pour entamer la critique de la déréliction sociale, politique, culturelle et économique qu'il est trop tôt pour dire si l'absolue incapacité à penser les nouveaux flux de l'information restera comme la marque de l'épisode Sarkozy. Et la Carte-Jeune, comme toutes les tentatives désespérées pour ramer contre la mer, restera un symbole.
C'est ainsi qu'on apprend au détour d'un article de Numérama, on apprend que devant l'échec de cette Carte, le gouvernement essaye de sauver la face en écoulant les stocks. D'où l'idée, venu sans doute d'un marketteux sur la jante, d'inventer le jeu concours.
Démentiel. Rendez nous Zappy Max.
Ce sont les fameux "avantages carte musique" qui nous renseignent mieux que tous les discours sur ce à quoi elle est destinée.
Engraisser les majors.
Ainsi, on peut gagner des choses sensationnelles grâce à cette carte. on passera sur les albums de la boîte qui produit la musique d'Oxmo Puccino, car je n'ai pas envie d'être vulgaire avec la musique en boîte qui accompagne les récitations de CM2. Mais attardons nous sur les places pour deux spectacles produits par le gars qui s'occupe alternativement de Mylène Farmer et de Yannick Noah...
Et puis non, n'en parlons pas. Qu'en dire ? Que ceux qui raille le "relativisme" qui "met tout au même niveau", que ceux qui veulent opposer les tambours et Mozart devraient regarder ce qu'ils proposent à leurs enfants en matière de Culture ?
Allons donc ! Il n'est pas question de Culture ici, et tout le monde le sait...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

04-Olympe