Il y avait longtemps que je n'avais pas lu le Figaro.
Il faut me comprendre, j'ai des excuses. Je ne suis pas de droite. Je ne suis plutôt pas trop âgé. Je n'ai pas peur dans la rue. Ayant un goût modéré, voire absolument inexistant pour le Tacotac ou autres jeux de hasard, et respectant la vie et les revenus du travail de mes congénères, je ne joue pas en bourse. Je pense qu'il faut que l'Etat finance au minimum la Culture, l'Education, les Energies et les Transports en Commun. Je n'ai rien contre le chômage indemnisé et je ne nourri pas de complexes envers les intellectuels. Je n'ai pas de chaussure à bout pointu et je ne vais pas dormir dans des hôtels pendant des séminaires. Bref, je n'ai aucune occasion de lire cet opuscule.
En prime, je n'ai plus le temps d'user de mon mauvais esprit pour aller me cogner les commentaires fielleux de retraités acariâtres.
Autant dire que sans la vigilance bienvenue de mon entourage, j'aurai loupé cet article.
Quel dommage cela aurait été de le rater ! Pour l'hilarité que procure ce panégyrique de l'UMP où l'on apprend que NKM joue du violoncelle (on la croyait cantonnée à la harpe) et que Copé est un pianiste de jazz, d'abord. Puis on pourrait rire des heures sur le groove au Bontempi de Copé.
Mais ce ne serait pas bien. Il faut encourager la pratique musicale. Il faudrait encourager Copé à en faire son unique métier.
Au delà du rire, cet article en dit long sur la bonne vieille conception bourgeoise de la "Grande Musique". Celle qui fait de l'apprentissage de la musique en France une catastrophe où l'on envoie le rejeton faire du solfège parce que c'est "bon pour les maths". Celle des Cols Claudine et des noeuds dans les cheveux le dimanche après-midi sur le parvis de l'opéra, à la sortie de n'importe quel spectacle, puisque l'important est de se faire voir.
Que dit de plus l'article ? A part Bachelot qui a manifestement une culture musicale (pour les aspirants chefs, on vous renverra aux commentaires...), on ne parle que de gens qui se retrouvent en représentation aux avant-premières. C'est dire la consistance de l'article, qui n'a d'équivalent que la motivation de nos édiles à aller au concert...
Depuis quelques jours, notre nouvelle ministre de la Culture, dont il faudra un jour que nous nous penchions sur les premiers mois de sa prise de fonctions (la semaine prochaine ?), s'enferrait dans une déclaration sur le grand vilain Internet. Voilà qui nous rappelle les meilleurs moments des blagues de l'infortuné Frédéric Lefebvre...
Ainsi, le net ne serait pas éditorialisé.
A lire la presse écrite, on en vient à se dire qu'à ce prix, ce n'est pas plus mal.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

02-Cassé