A force d'écrire sur la musique, j'en ai parfois oublié que ce blog est aussi celui où l'on parle photo. De photos de musiques, bien sur, mais aussi de photos qui n'ont rien à voir.
Et si l'on parlait pour une fois, juste une fois, de photos qui n'ont rien à voir ?
J'ai longuement hésité à garder ce travail pour moi ou à le montrer. Je ne savais pas où le montrer, mais ce blog est apparu comme une évidence.
C'est chez moi, après tout.
Je ne sais d'ailleurs pas si ce travail présente un quelconque intérêt. En fait, je ne sais jamais rien de tout cela, et c'est peut être ce qui me sauve souvent.
Cette série de photos s'appelle 18.
Comme le numéro de la rue où cette maison se trouvait.
Comme le nombre d'année où il ne s'est pas passé une semaine sans que j'y passe des heures.
C'était la maison de mes grands-parents ; elle est vide désormais, et a changé d'âme.
Au moment de vider une maison, ce ne sont pas les objets que l'on extirpe en premier, ce sont l'écume des souvenirs que l'on délaye à l'éponge. Ce n'est pas une horloge que l'on arrache de la niche qu'elle occupait benoitement depuis 60 ans, c'est ce qu'on en a fait. Comme il n'est pas possible de synthétiser les odeurs nécessairement familières qui vous étreignent lorsque que vous remuez les vieilles poussières abandonnées depuis des mois, il ne reste que les images dans le silence ronronnant de l'absence.
Voilà dix-huit images. Elles pourraient être de partout, pourquoi pas de nulle part, mais elles viennent de mon enfance. Celle que l'on regarde avec des yeux d'adultes.
Elles ne sont pour la plupart pas des photos "belles" au sens de l'esthétique, mais elles correspondent à un instant, un moment, un souvenir que j'ai voulu capter avant de le laisser partir. Elles sont pleines de vide, mais elles sont pleines, encore. 

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09-Samson