Ici, on aime bien Chloé Cailleton, c'est ainsi et c'est comme ça.
Elle fait partie de ces musiciennes de traverse qui peuvent un jour chanter avec Jean-Louis Longnon et le lendemain avec Alban Darche, en passant, pourquoi pas, à l'étude des oiseaux migrateurs avec le Vanneau Huppé. Sens du rythme rare, voix très douce même quand elle hausse le ton, la choletaise est une musicienne qui s'est fait rare sur la production discographique, occupé notamment par des projets plus théatraux, mais qui revient en force depuis quelques mois, et on ne s'en plaindra pas.
La Baronne Bleue (est-ce elle qui hulule en rital, en compagnie du flûtiste Pascal Vandenbulcke sur le magnifique "Il Gatto" ?) est un projet ancien, né à Nantes comme il se doit en 2013, qui connaît son premier disque avec le collectif Spatule, dont tous les musiciens sont membres, à commencer par le guitariste Fabien Ewenczyk dont le travail premier est de mettre en valeur la voix de Chloé Cailleton...
Considérons qu'il y arrive à merveille.
Ainsi, sur "Bourrasque", après qu'il eut fait parler la poudre ici ou là, c'est lui qui lance la belle mécanique réglée par le batteur Gabor Turi. La chanteuse scate, joue avec les sons, fait quelques pas de deux avec le violoncelle de Stéphane Oster et repart de plus belle. Elle est là la Bourrasque, à la fois rudoyante, mais aussi rafraîchissante et fripponne.
Prudence, prend garde à ton jupon.
Sur le format chanson, délimité par le temps mais pas corseté par la forme, la Baronne Bleue peut s'amuser tant qu'elle veut à bousculer les auditeurs et à sauter à cloche-pied d'une atmosphère à l'autre. Ainsi, après "Bourrasque", c'est "Valse en Troc", chanson aux accents d'abord réaliste mais qui s'évapore peu à peu où le violoncelle marque les temps tout en prédisant la fugue, à moins que ce ne soit la fuite, toujours avec ce qu'il faut de liberté.
L'album, assez court, se boucle à la fin comme il a commencé, par une sorte de folklore imaginaire, plus suggéré que revendiqué mais qui cherche (à la Spatule, sans doute !) à accrocher ses racines dans un terreau commun. C'est le but du "Ptit Bourdon" qui clôt l'album dans un rire, mais c'est aussi le cas des deux premier morceaux, ces deux "Folkish You" intenses qui permettent aux musiciens de faire ce qu'il font le mieux, et avec le plus d'enthousiasme : s'amuser chaleureusement. Comment pourrions nous résister à ne pas accompagner la baronne ?

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

03-Ronds