Autant le dire, le simple fait de penser que Tricky allait ressortir un nouvel album me laissait dans un entre-deux périlleux entre angoisse et excitation, entre doute et curiosité, entre peur du vide et envie de nouveaux espaces. On voit bien ces derniers temps refleurir des album calamiteux de groupes des nineties (Leïla, Goldfrapp...) alors forcément, ça inquiète !
Tricky, gueule de tox comme jamais, sors un album remarquable, à la fois extrêmement touchant, personnel,  émouvant même, relevant de touches autobiographiques et de retour sur sa vie, dans l'un des quartiers les plus maudits, les plus détruits, les plus dévastés du sud de l'Angleterre, Knowle West, prêt de Bristol.
Cet album, c'est une sorte de concentré de Tricky, aux confins des étiquettes les plus disparates, lorgnant sans idées préconçues vers toutes les musiques urbaines sans exclusives, d'un début de ragga fiévreux calmé par une orchestration de corde à un riff de guitare punkisant et acide qui refroidit d'un coup une construction rythmique toujours impeccable.
Malgré une vie que l'on imagine peu rose, il y a dans cet album une sorte d'espoir caché, d'apaisement en devenir, qui se confronte en temps réel aux barres lépreuses, à la misère orchestrée de son quartier d'antan.
Symbole de cet album, "Council Estate", le premier single de cet album, qui le représente fort bien. En ce qui me concerne, le morceau "Bacative" ne cesse de me tarauder, par son mélange des genres infectieux et par ce reggae tué dans l'oeuf par une rythmique intelligente -ce qui est follement antinomique, et c'est plaisant-

Et bien sur, une photo qui n'a strictement rien à voir, suite d'un billet précédent !

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