Daniel Paboeuf est un habitué de ces pages, en tant que saxophoniste accompli, remarquable créateur d'une musique qui peut à la fois se révéler d'une grande finesse, comme lors de notre chronique précédente avec Il Monstro, mais aussi dans l'apprivoisement du vacarme, comme c'est le cas dans le disque qui nous intéresse dans ce billet, sobrement appelé "Daniel Paboeuf Unity", comme pour faire corps, pour signifier l'intense contenu de l'album et la cohésion de ses musiciens, unis dans une électronique avide, à la rythmique fiévreuse et sans concession. Le Rennais, qui a accompagné les années New Wave (il peut se targuer d'être le soufflant de Marquis de Sade, c'est plus qu'une référence) mélange dans ce disque beaucoup de ses racines, et trouve une unité dans une musique certes mastoc mais diablement efficace, un peu comme une boucle qui se bouclerait... A l'écoute de "Mardi", le meilleur morceau de l'album, on ne peut pas faire abstraction d'Olympic Gramofon, ce disque mythique de la scène jazz... Fait par des enfants des années 80... Ces années maudites qui nous ont fait aimé les seventies et où dans les monceaux de merde se trouvait quelques pépites.
On a dit beaucoup de mal de l'électronique mâtiné jazz. On a eu raison. Au mieux, tout ceci a très mal vieilli (Réécouter Saint Germain aujourd'hui, c'est aussi agréable que de se verser du poivre sur une plaie), au pire, cela a amené des clubbers décérébrés a prendre le contrôle de Blue Note. Mais tout ceci serait réducteur : utiliser l'électronique, non pas comme un but mais comme un instrument est autrement plus intéressant. Le disque de Paboeuf est là pour le prouver
Et comme d'hab, une photo qui n'a rien n'a voir !

07_Danger