On ne devrait jamais passer un samedi soir devant la télévision. Même en mangeant des crêpes dans des chaussons en laine vierge. Devrait y avoir des lois. Parce qu'inévitablement, cela se termine toujours à un moment ou un autre en une soirée de zapping inepte pour regarder d'un œil torve ce que l'on ne voit jamais. Mesurer la bêtise abyssale des programmes de divertissement et les nanards onctueux des chaînes du câble, qui parlent d'invasion de fourmis mort-vivantes. C'est comme le 20h de France 2, faut être vicieux pour regarder ça rien que pour moquer.
Et ne venez pas dire que j'aime ça ; je serai obligé de vous rétorquer que c'est vrai.
Voilà donc, après quelques clips périmés sur une chaîne de MTV bloqué sur les années 80, le choix se porte sur une émission de France 2 à la gloire de la chanson française, avec des duos et des hommages rendus, dans une sorte d'aller retour hystérique entre complaisance et pulsion de mort. Je passe sur les associations de la carpe et du lapin, en l'occurence Régine et Didier Wampas, l'un ironique l'autre pas, mais unis tous les deux dans le chant faux et le divertissement du consommateur. Simplement Didier est sympathique et Régine ressemble à une succube à la retraite avec les yeux dans les coins.
On a tenu 15 minutes. Parce qu'on veut bien rire, mais faut pas déconner.
Ce quart d'heure fut cependant enrichissant. Je passe sur le mignonnet hommage d'Abd-Al-Malik et Olivia Ruiz à Juliette Gréco, c'est la suite qui fut riche d'enseignement. Dans un élan de fayotage qui démontre l'indépendance du service public de télévision, la présentatrice donne la parole à Albanel, agaçante de dithyrambe et de pointu, pour rendre hommage à une Gréco dont on connait l'amour modéré pour ces gens de pouvoir.
Mais laissez là, Jujube ! Voir Albanel là, à brosser dans le sens du poil les shows de variétés rancis alors qu'on ne l'a pas vu, nous disait-on le matin même à Inter, aux folles journées de Nantes, évènement populaire de qualité qui ne racole pas le public par le bas, ça donne comme une définition définitive de la Culture dans ce gouvernement de cuistres.
on a fini par s'échouer sur Yves Duteil, chantant la beauté de cette langue française dont ils souillent collectivement la mémoire par leurs vers de mirlitons et leur nationalisme moisi. C'en était trop, définitivement, même pour de rire. Faut pas m'en vouloir si, de plus en plus, j'aime la chanson qui ferme sa gueule.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir. Heureusement pour elle.

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