Il est trop tôt pour dire s'il s'agit d'une bonne ou d'une mauvaise idée, mais une expérience se joue actuellement dans le Périgord avec cinq journalistes radios des chaines publiques francophones à travers l'information sur le net, et par essence l'information tout court. En France, le procès Villepin et ses live-bloggings sur Twitter a éveillé la curiosité et l'envie des tenants de l'immédiateté de l'info : oui, aujourd'hui, Twitter va plus vite que l'AFP.
Radar pour journaliste
? C'est Janick Tremblay, dans le gîte, qui en parle aujourd'hui.
Le but de l'expérience, qui ressemble à une idée fumeuse de télé-réalité avec un peu plus de relief, c'est de relayer l'actualité pendant une semaine en se voyant privé de l'accès à toutes formes de sources autres que facebook et twitter. On peut suivre leurs aventures sur les médias respectifs évidemment (RTBF, RSR, Radio-Canada, Info et Inter), mais aussi sur ce blog et bien sûr sur Twitter.
Face à l'essai, on trouve pas mal de défiance, notamment des web-journalistes sur twitter, sans que je m'explique pourquoi. Il sera temps de tirer les bilans à la fin, mais je trouve plutôt positif que les radios s'intéressent à la plateforme... Tant que ce n'est finalement pas pour dire que rien ne vaut les médias traditionnels à la fin et pourrir Internet en tant que mal absolu, voire pour donner une image des infos "légères" ou anecdotiques. Mais j'en serai surpris, finalement. D'ailleurs, le journaliste de Radio-Canada a commencé à faire une interview d'un opposant russe aujourd'hui... Il ne l'aurait sans doute pas fait ainsi avec le filtre des dépêches.
Bien sur, on pourra rétorquer que l'info n'est pas vérifié 122 fois comme dans la vénérable institution. Mais elle est donnée en direct par un journaliste dont je suis le travail longitudinalement et en qui j'ai confiance et qui me permet de valider moi-même en recoupant. Du producteur au consommateur sans se perdre dans je ne sais quel cabinet... D'ailleurs, si les "gîteurs" ne perçoivent au bout d'une semaine que des infos légères, ce ne sera pas la faute d'Internet, mais bien peut être du réseau qu'ils se seront constitué.
On en parlait l'autre jour, cette question de l'information sur Internet mérite d'être posé, car aujourd'hui l'information de fond a totalement déserté la télévision, et de plus en plus les autres médias traditionnels se sont recentré sur l'épiphénomène factuel (il neige et autres faits d'hiver) et le proximiteux grisâtre a même remplacé le mort-kilomètre.
Ce qui pose question dans ce "test" du huis-clos, c'est le risque de justement ne voir dans twitter que le "buzz" et le factuel, et de ne parler que des trains et des grèves de claudettes, plutôt que de ce formidable outils qui permet de moissonner ses propres liens. On en saura plus vendredi. C'est peut être la courte durée qui rendra l'expérience décevante...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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