Dans un article du monde de vendredi, il est évoqué le "Conseil de la création Artistique" présidé par le réalisateur de Camarades (comme quoi, il avait raison, "tout devient possible"). Ce conseil, il est trop simple de l'oublier tellement son action n'est pas mis sur le devant d'une scène médiatique occupée à donner en pature, au journal de France 2, les aveux aldutérins d'un golfeur dont tout le monde se tape... Mais ça doit bien suffire au bas-peuple en guise d'ouverture au monde.
Ce "machin" qu'est le Conseil pour la création artistique" va donc disposer d'une conséquente enveloppe pour encourager les jeunes créateurs par le biais d'un festival dans des lieux de patrimoine... Mais non, ce n'est pas une idée recuite !
Il faut lire cet article pour bien comprendre vers quelle dérive monolithique se dirige le financement de la Culture en France, qui navigue, comme tout le reste, vers une recentralisation territoriale et idéologique tout à fait dangereuse, et qui présage, surtout lorsqu'on voit le niveau culturel de certaines de nos édiles d'une pauvreté à laquelle se disputera la courtisanerie.
Si certes rien n'est parfait, surtout lorsque les choses sont rouillées dans une habitude ou dans un manque cruel de vision politique, il faut affirmer avec force que le rôle des collectivités territoriales dans le financement et le rayonnement de la diversité culturelle et de son foisonnement est indispensable, même si le désengagement de l'État incite aux vaches maigres.
Une centralisation, ce que l'on perçoit dans ce "laboratoire d'idée" présidée par celui qui souffre sur la Princesse de Clèves serait absolument dramatique. Surtout lorsqu'on parle d'évaluation des spectacles et que selon l'une des actrices culturelles interviewée dans l'article, la plupart de la somme est plus allouée à la communication qu'à la Création, pour laquelle les budgets de la Culture se raréfie dramatiquement... C'est quoi l'évaluation ? le nombre de visiteurs/spectateurs ? La servilité ? la fadeur ? le rayonnement de France ? Tout pour la com' ?
Tout pour la com', c'est à craindre. On y verra comme une confirmation d'une politique générale ! La question se pose aussi du rôle de Karmitz, affublé dans l'article du sobriquet de "ministre de la Culture Bis"...
On pourrait penser, bien sur, que c'est de l'acharnement contre le ministre en papier bible, mais une découverte récente d'une question écrite à l'assemblée nationale à propos de la taxe sur les CD-roms utilisés pour l'imagerie médicale et son coût nécessairement répercuté sur les comptes de la Sécurité Sociale qui engraisse donc les intégristes du droit d'auteur (pour les majors) a été l'occasion de constater à quel point il était possible de faire une réponse à côté... Et de surtout donner l'impression, fausse sans doute, mais tellement saillante de ne pas maitriser le fond...
La liste des tribulations pourraient être longue, et il serait facile d'évoquer également la remise d'un prix "Roland Dorgelès" à des journalistes faisant "rayonner la langue française", notamment à un playmobil de France 2 dont il suffit de regarder un seul instant le journal pour se rendre compte de l'inanité de cette récompense...
Tout cela donne l'impression générale d'un ministre de la Culture, comme un Président de la République de la IVème, chargé de porter les gerbes de fleurs et d'ânonner des hommages à des banalités de sous-préfecture...
Soyons honnête, le ministre a eu le courage de s'excuser auprès de Siu-Lan-Ko pour la censure dont elle était victime... Il est bien de le féliciter pour cela. Et de s'interroger sur une culture étatique à direction politique unique qui n'a même plus besoin d'organiser elle-même la censure, mais d'attendre que les courtisans le fasse. Préparons nos Amacca !

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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