le quartet du remarquable batteur Christophe Marguet, Résistance Poétique est certainement, et depuis longtemps l'un des plus intéressant du moment. Collaborateur de Claude Tchamitchian ou d'Yves Rousseau, Marguet garde une préférence pour les relations fortes avec un contrebassiste puissant. C'est ainsi qu'on avait plus le voir récemment dans un bien beau quartet, MKMB, en compagnie du contrebassiste Sébastien Boisseau, pour des Emotions Homogènes, album qui reste l'un des beaux disques de l'année 2009.
Dans Résistance Poétique, c'est Mauro Gargano qui est depuis plusieurs années le complice tout en rondeur d'une base rythmique robuste et évocatrice qui porte en elle le nom de l'orchestre. On avait aimé, dans l'album précédent, Itrane, qui regroupait la même équipe, la cohésion du quartet. Le pianiste Bruno Angelini galvanisait les belles compositions de Marguet en suggérant des atmosphères et en entrelaçant les évocations coloristes avec la tranquillité imperturbable de Sébastien Texier. Ce dernier est décidément toujours très intéressant lorsqu'il va chercher la profondeur de ses clarinettes. Il puise dans sa vieille collaboration avec Marguet une inspiration sur des thèmes qui semble parfois écrits pour lui. C'est ainsi que sur ce nouvel album, l'ouverture "Two Hands for Eternity" lui est offrande, tout comme le pianiste.
C'est avec plaisir que l'on retrouve ces musiciens dans "Buscando la Luz". Chacun des solistes semble prendre le parti d'une grande prise de responsabilité tant individuelle que collective, et où la complicité des années semble laisser bien plus de place à chacun et une liberté acquise. C'est le cas notamment du très long et très beau morceau "Enfin !", où la chaleur de l'improvisation irradie, surtout à l'occasion d'un magnifique solo d'Angelini au milieu du morceau avant de laisser la place à un déluge du batteur qui démontre des qualités de Marguet.
Dans les ambiances créées par Marguet, de l'intimiste au spontané, il y a toujours une présence. Une mise en place, comme on dessine à l'eau forte, de la batterie comme préalable au propos commun. Que Marguet caresse ses peaux de tambour avec les paumes ou joue la sensibilité du métal, c'est toujours lui qui induit la direction à prendre, que les autres musiciens entame avec un enthousiasme évident et réjouissant...
Si Itrane sondait la nuit, Buscando La Luz porte bien son nom puisque c'est un disque chaleureux et lumineux, comme une petite matinée d'été qui s'éveillerait à chaque morceau. Ce quartet là est fait pour durer ; et la résistance, poétique ou non, est de toutes façon toujours belle quand elle est portée par des voies pures...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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