On pourra dire évidemment que c'est assez mesquin de s'acharner contre France 2 alors qu'on pourra rétorquer que TF1 ou M6 est mille fois pire, -bien qu'il faudra encore le prouver-. Mais disons que comme ce qu'est devenu ou entrain de devenir France Inter, France 2 a cette volonté de ce démarquer du cynisme mercantile de ses concurrents périphériques, pour mieux aligner les mêmes vacuités, les mêmes éléments de langage du pouvoir et les mêmes sujets qui occultent à la fois les problèmes structurels et l'actualité internationale pour mieux créer cette "communauté de regardants" qui se "retrouvent" dans des sujets "vie quotidienne" qui ne les informe en rien.
Mais on a jamais demandé à du Lexomil d'informer.
Bref, remettons-nous dans le contexte du samedi 14 août, en pleine semaine du "jour chiant", alors que la deuxième partie du journal, dite "magazine" en cela qu'elle annone des sujets encore plus creux que précédemment (le journal avait ouvert sur les médailles d'or de nos barboteurs français-qui-font-même-pas-du-foute et les bouchons-sur-les-routes-ma-pov'dame, autant dire du lourd en contenu informatif) vient de commencer. Premier sujets sur les "galères des locations" avec force exemples de vacanciers déconfit par la déliquescence de leur cage à lapin au bord de la mer.
Évidemment, cela tonitrue le marronnier, mais cette année, on a trouvé un nouveau coupable à ces vilaines arnaques estivales. Qui donc ? Mais internet, évidemment.
Le grand vilain Internet qui loue des appartements moisis à moins de 200€ au bord de la Méditerranée, cause de tous les maux, et qui non content de manger les enfants et de voler les artistes, nous gâche la partie de pétanque ! Bien sur, on pourra dire que c'était la même chose à l'époque des catalogues succinct des gérants de biens qui prennent des photos au grand-angle pour agrandir la pièce ou qui parlent de "vue sur la mer" quand il faut monter sur un escabeau pour apercevoir un vague scintillement.
Mais fi, puisqu'on vous dit que c'est Internet ! INTERNET ! Et tout les instits à la retraite de se rengorger dans leur collier de barbe en se félicitant d'avoir su avant tout le monde qu'Internet c'était le mal (ce qu'il avait déjà décelé à l'époque du LOGO sur TO7 en 1985 dans le "plan informatique pour tous", faut pas leur faire). Évidemment, c'est pratique pour s'envoyer des Powerpoint avec des dauphins et des poneys... Au delà...
La suite nous prouvera qu'en matière de vide, les limites restent à définir, et qu'à l'instar de l'univers, la paresse factuel du journaliste de garde tend vers l'infini, puisque nous fut offert un reportage sur une gamine qui chante mal un air d'opéra cuistre à 10 ans dans une émission de télé-réalité étasunienne de l'acabit de celle qui révéla Susan Boyle. "Une voix de cantatrice" dit le speakerin qui aime la musique, puisqu'il a une compile de U2. Quelle tessiture ? On s'en fout. Quelle sensibilité, quelle implication ? Rien à battre. Une cantatrice qu'on vous dit. C'est pas culturel au niveau du mieux-disant ça ?
On pourra me rétorquer que je n'ai qu'à pas regarder ; c'est vrai, mais parfois, quand l'envie se fait badine, c'est drôle de se faire du mal...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

48_Cheval