Depuis quelques semaines, le label Yolk fait une promotion sur une partie de son catalogue, permettant l'achat de CD anciens à cinq Euros. L'occasion, comme vous l'aurez remarqué depuis plusieurs semaines de revenir sur les sorties fleurissantes du label nantais qui ne compte guère de mauvais choix
Daniel Casimir est un tromboniste né en Allemagne. Il est l'un des membres de base du Collectif Yolk. Il a travaillé avec la légende du jazz européen le tromboniste Albert Mangelsdorff et a fait parti, dans les années 90 en France au Groove Gang qui fit tant avancer le jazz de cette époque et où il partageait l'affiche avec Julien Loureau ou Nicolas Genest (aujourd'hui membre d'Archimusic). Nous avions apprécié sa participation récente au European TV brass Trio scellant une collaboration ancienne avec le tubiste François Thuillier.
Cette biographie rapide qui démontre de la palette assez importante du travail de Casimir oublie une pièce maitresse, cet enregistrement de 2004 avec le prestigieux quatuor à cordes Ebene pour un Eros et Thanatos remarquable en tout point, suspendu et gracieux. Ce disque nous dévoile, au delà d'un tromboniste remarquable, curieux et amoureux des musiques électroniques et du Hip-Hop, un musicien doué d'une écriture fine dans un projet très personnel, qui ressemble finalement beaucoup à Yolk.
Eros & Thanatos doit s'écouter comme une pièce continue, ou s'entremêle les cordes du quatuor et un Jazz Ensemble en sextet sans qu'aucune des deux entités, distinctes dans le line-up plus que dans le déroulement très compact de la musique ne prenne le pas sur l'autre. Il ne s'agit pas d'emmener le quatuor Ebène sur du jazz ou de cantonner le Jazz Ensemble sur une relecture de la musique écrite européenne. Il s'agit plutôt de chercher le point d'harmonie entre les deux entités qui tout au long de l'album refuse de se séparer, comme paisible dans un jardin d'eden ou chanterai une "Waltz for Merle" évoquer en deux temps par les cordes en pizzicati du quatuor repris par le trombone de Casimir et la trompette de Genest. Eros et Thanatos ou le plaisir d'être ensemble et de s'entrelacer...
Tout au long de l'album, que ce soit lors de l'échange entre le violoncelliste Vincent Courtois -remarquable sur "Train of thoughts"- et Ebene, ou entre le guitariste Michael Felderbaum et la section de cuivre, on sent comme une recherche d'une béatitude ou tous les ses seraient en éveil, comme charnellement stimulé par une musique soyeuse. Symbole de la légèreté sensuelle de cette musique sans batterie, le centre de l'album, "Le quatuor des satellites" et son atmosphère éthérée et cinématographique, touche à cette épure. Un album indispensable.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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