J'ai tant écrit d'articles sur Citizen Jazz cet été sans vous les signaler, que je vais faire un prix de gros dans un long billet qui va vous donner un paquet de liens. J'espère que vous m'excuserez ce long fourre-tout, d'autant qu'il y a dans la séries de sacrées pépites depuis longtemps attendues ou qui ont eu le goût enivrant de la découverte... Suivez le guide ! ;-)
Tout d'abord, à noter la poursuite du travail d'archive de Qobuz, l'édition numérique d'Abeille Musique, sur les disques des ONJ successifs, avec cette fois ci la seconde et la troisième cuvée. Toujours un plaisir de regarder dans le rétroviseur avec des oreilles qui s'essayent à être neuves... Un petit extrait du premier ONJ de Barthélémy, qui est une de mes cuvées favorite : "Certes, on sent dans le propos de nouveaux partis-pris : là où les deux premières formules s’ouvraient ostensiblement à l’héritage d’outre-Atlantique, cet ONJ s’intéresse davantage à l’Europe et ses traditions écrites - sans pour autant s’éloigner de l’esthétique jazz-rock et d’une énergie pleine de funk. La présence de musiciens comme Renaud Garcia-Fons à la contrebasse ou Michael Riessler au saxophone alto et aux clarinettes montre bien qu’on se tourne désormais vers de nouveaux horizons mâtinés de sud (« Un Momentito ! ») ou d’abstractions contemporaines saupoudrées de Balkans (« MIB »)." La suite sur Citizen Jazz...
Continuons avec une des belles découvertes de l'été. Yoram Rosilio et l'Anti Rubber Band Factory (ARBF) est une respiration, un moment loin des marasmes de l'horreur économique qui nous emmène dans un monde sans barrière à coup de dissonnance. Ca faisait longtemps qu'on avait pas soudé Free Jazz et politique. L'ARBF l'a fait. "Ce disque, enregistré en 2008, débute par un « traditionnel » grec de contrebande aux effluves orientales (« Melachrino mou proscopo »). Comme un symbole, Ask the Dust est paru à l’heure ou Athènes s’enflammait sur fond de crise structurelle sans précédent. Véritable écho de la rue, ce sentiment d’émancipation salvatrice traverse l’ensemble du disque grâce à une musique fougueuse et rompue au combat. Il serait cependant réducteur de limiter la musique de cet ARBF à une simple forfanterie politique, même si celle-ci coule jusqu’aux plus profond de ses rhizomes, qui se nourrissent de liberté." La suite sur Citizen Jazz...
Pas de frontières non plus chez le trompettiste Serge Adam, mais une sacré connaissance de la musique traditionnelle balkanique et d'Anatolie. Son disque évoque cette région sans insister lourdement sur le folklore mais en errant dans cette musique... C'est à ce titre que 10 Hradčany Praha 1 est une réussite. "La plaque émaillée aux coins rouillés représentée sur la pochette indique la direction du centre de l’Europe, celle qui se tourne vers l’Orient. 10 Hradčany Praha 1, le quartier du Château qui surplombe Prague, est aussi un lieu de brassage et d’échange... Depuis dix ans, le trompettiste Serge Adam anime le trio Hradčany et mène ses comparses sur les chemins escarpés et improvisés d’un folklore imaginaire qui mènent toujours au pied du fameux Château." La suite sur Citizen Jazz...
D'un territoire à la derritorialisation, il n'y a parfois qu'un pas. FarmJob, le groupe fortement toulousain m'a longtemps intrigué. Leur disque autoproduit est une vraie réussite, qui démontre de la vigueur de cette scène: "e quartet très égalitaire au fort accent toulousain développe une musique dense et structurée qui fait la part belle à l’improvisation mûrie collectivement, avec beaucoup d’attention et de temps de parole offert à chacun." La suite sur Citizen Jazz...
La belle surprise de la saison, et assurément de l'année, c'est le beau trio électrique Lavollée/Dubreuil/Larmignat est son album Le Symptôme. Un disque riche et touffu qui est jouissif de part en ^part et qu'il convient de conseiller absolument ! "Ici les influences vont du jazz très contemporain jusqu’au rock progressif, notamment par le choix de laisser se développer sur la longueur un univers musical en constant chamboulement, pioché chez King Crimson ou Can. Le trio joue de cette densité imposante et de sa perpétuelle expansion. On notera une parenté latente avec certains groupes de la nouvelle génération tel Rocking Chair (où Larmignat tient également la batterie) : même prise en compte minutieuse du son, même volonté de ne se fermer aucune barrière stylistique ; il s’agit d’exprimer au mieux l’image ou la couleur dont l’improvisation libre éclaire l’apparente noirceur, tout en chavirant l’auditeur dans des univers tiers où « Alice », au milieu de son rêve, errerait dans une forêt touffue privée de toute lumière..." La suite sur Citizen Jazz...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

60-Garance