Fin d'après-midi passée avec un disque reçu de la boutique d'Allgorythm -décidément indispensable- de l'Albert Ayler trio.1964. Ayler six ans avant sa mort tragique est dans sa période la plus créatrice. Ca cogne, ça cherche. Ornette Coleman est passé par là, Ayler travaille avec Don Cherry (qui n'est pas sur cet album mais dont l'âme flotte dans le studio, c'est indéniable) et tout ce petit monde créé une émulsion qui fera devenir le jazz résolument différent.
On peut remercier ESP-disc d'avoir réédité ce disque d'Ayler, ce saxophoniste encore bien trop oublié, à la fulgurance tragique. On devra également remercier Bernard Stollman, le créateur d'ESP-disc, qui offrit à tout un pan de créateur de musique improvisée dans les années 60 l'occasion inouïe d'enregistrer en une prise dans des conditions idéales...

Ce trio (Gary Peacock à la basse, Sonny Murray à la batterie, et bien sur Ayler au sax ténor) déterminent une forme d'improvisation qui est marquante pour la suite de cette musique, le son d'Ayler est ronflant, heurté, métallique, mais surtout charismatique et inspiré. Cette musique est peut être finalement la plus urbaine de toutes, dans le rafinement de son chaos... Et c'est ce qu'il me plait.

Ce qui m'inspire une image : Ghost in the Shape.
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