Parmi les disques qui comptent dans "Les racines du Bien", il en est pas que des tutélaires, reconnus par monts et par vaux et qui sont commun à beaucoup d'entre nous. Il en est des plus discrets, des plus intimes... C'est le cas de "T-Bone Garnerius", ce fantastique Ovni concocté par Vincent Ségal en 2002, qui est un de mes disques de chevet... Pour plein de bonnes raisons, ce qu'il m'inspire, d'où il vient, où il veut aller, son côté "Carnet de Route" dans la voie musicale et cette claque magistrale à la première écoute, cet intime révélé, ce romantisme décharné...
Vincent Ségal est violoncelliste et la moitié de Bumcello. C'est que l'on sait, ça et qu'il était l'une des pointes d'Olympic Gramofon, dont on ne dira jamais assez l'influence sur le jazz contemporain français... Mais on en découvre plus à travers ce disque biographie très poétique et onirique. Le choix de s'enregistrer en duo avec ceux qui on marqué sa vie de musicien comme un jeu de piste est plein d'enseignements à plus d'un titre. Au delà de la performance de faire un album ultra-cohérent en s'enregistrant la plupart du temps dans des endroits aux sons magnifiques ou improbables (chapelle du Cap-Fréhel avec Malik, Usine désaffectée avec Coronado, sur le bord du périph à 5h avec Seb Martel, Place des Vosges en pleine nuit avec Pascal Pallisco...), c'est aussi l'expression de ce musicien qui est interrogé, à l'image de sa génération : oui on peut être jazzman et utiliser le rock, le Hip-Hop, et toutes les musiques qui s'offrent à nous !
Alors, se plonger dans cet album, c'est suivre les chemins de traverse d'un grand musicien, c'est découvrir, brute, l'émotion d'un Malik et la profondeur d'un Coronado... Et c'est foutrement émouvant.
Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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