Revenir aux fondamentaux du groove n'est jamais malheureux, surtout lorsque celui-ci ne s'enferme pas dans un petit microcosme vicié mais sait regarder ailleurs. C'est le cas du disque de ce soir, sorti sur le label AJMI, toujours aussi éclectique et dénicheur de talent.
Christophe Leloil, jeune trompettiste talentueux et son sextet le prouve avec brio. En 9 morceaux remarquables, à l'écriture plaisante, le sextet donne une vision très moderne de ce post-bop dont on ne parle pas souvent dans ces pages. Il est vrai que les musiciens actuels qui versent dans ce style musical ont souvent -et Marsalis le premier- sont aussi suffisant que leur musique est bavarde. Leloil quant à lui est bien loin de tout cela et offre une musique qui ne regarde pas seulement derrière, mais sait s'inspirer des sillons plus récents d'une musique plus radicale, plus réfléchie.
Leloil explore toutes les possibilités que sa trompette peut lui permettre (notamment une utilisation particulièrement prégnante et efficace des sourdines) pour dynamiter une musique qu'il tourne résolument vers la modernité, une modernité sautillante, qui respire la joie de vivre et d'écouter un jazz simple et raffiné où chacun des protagonistes semble prendre autant de plaisir que le compositeur et maître de cérémonie. Carine Bonnefoy, qui a joué avec Vince Mendoza, est remarquable au piano et Raphael Imbert aux saxes et clarinnettes est simplement bluffant, notamment sur le morceau "Bass Time" à la clarinnette basse.
Enregistré dans le cadre yddillique et jazzistique des studios "La Buissonne", ce disque libre de nouveau un témoignage de la vitalité de la scène jazz française, quel que soit le style...
A découvrir d'urgence.
Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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