On en avait déjà parlé, du groupe bordelais Fada sur ce site. C'était au tout début, à l'époque où Full of Sound vivait encore et devait sortir. C'était pour "Soleil Noir", un album de slam conquérant, avec des textes au scalpel écrits et dégoisés par Manu Codjia et soutenu par un quartet de jazzmen qui ne démentaient pas l'axiome dit "d'Herbie Hancock" : "Je préfère du funk joué par des musiciens de jazz que du jazz joué par des musiciens de funk". On ne peut bien entendu que lui donner raison. "Soleil Noir" était une claque ; le reste toujours d'ailleurs, avec une section rythmique de pure folie...
Fada pour moi est du registre de la frustration de l'ego. Pas la musique ni les musiciens remarquables... Mais plutôt que si la chronique était sortie dans ce numéro avorté, j'aurai été le premier à en parler ! (la fierté va se nicher, parfois...)
C'est donc avec plaisir que j'ai répondu à l'appel de la chronique pour CJ de ce second disque, La caresse du clown. Un disque troublant et diablement efficace.
A lire certaines critiques débiles sur des sites de rap (et finalement, pas de Hip-Hop, musique formidable qui n'a pas mérité de tels ânes) de ce disque de slam auquel ils ne comprennent vraiment rien, on se dit deux choses : premièrement, la critique n'est pas facile surtout lorsque le vocabulaire n'est pas là, et deuxièmement, les rythmiques complexes et le groove ont définitivement quitté le registre musical des entendeurs (oui, pas auditeurs) de Hip-Hop. Heureusement qu'il en reste des bons et que ce sont mes potes !
La place du Slam en France est vraiment catastrophique. Coincés entre des benêts comme Grand Corps Malade et consorts et le mépris des salles, il a besoin de fers de lance. Ruda, Nevchehirlian, Fada ou Ze Jam sont là, il faut absolument les défendre...

"Dans ce récit étrange, Codjia use de ses allitérations comme de soubresauts rythmiques dans une langue au scalpel. Il s’enroule autour de la basse pesante, entêtante et omniprésente de Lugué et délivre une poésie amère, qui aime visiter avec âpreté les tréfonds et arrière-cours de l’âme humaine." La suite sur Citizen Jazz...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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