Il y a quinze jours, une information est passée sous mes yeux, sur Twitter, concernant ce que je ne pensai même pas possible, la semaine de l'incontinence urinaire. Comme cela ne semblait pas une initiative qui provenait du Sénat ou de l'émission de Michel Drucker, spécialisé dans l'invitation d'artistes impotents ou de politiques omnipotents, je me suis dit que cela devait être sérieux, et que cette manifestation aurait pu être jumelé avec la semaine de la confiance. Inutile d'en rajouter une couche.
Il faut bien avouer que les "journées" commémoratives et factices pour n'importe quoi, sans parler des foires à bonne conscience de type "téléthon" ont quelques chose de pathétique, quel qu'en soit d'ailleurs le sujet, où la louable cause. De la journée mondiale du refus de la misère (qui ne devrait pas se passer des 364 jours qui restent) à la journée du fromage (le 8 avril, oui messieurs-dames), la profusion de ce genre de manifestation démontre avant tout d'une clientèlisation de la mobilisation qui évite de poser les problématiques globalement, même sur les questions les plus cruciales du fromage.
Aujourd'hui, deux "journées" se télescopaient.
Premièrement, le "No Sarkozy Day" se voulait le pendant français au "No Berlusconi Day" italien. Trois choses m'ont gênées depuis le départ dans cette initiative : d'abord son absence de réalité sur le terrain de la mobilisation. La journée contre le cavaliere s'appuyait sur une forte mobilisation sociale et sur la convergence de plusieurs luttes, elle reflétait un climat social tendu. Le NSD quant à lui tenait presque lieu de pochade facebookienne impréparée et sans réalité de terrain... Il n'y a qu'à voir la participation molasse de la dernière grève. Ensuite, ce choix manifestement délibéré de choisir une "couleur" (le mauve) "non récupérable politiquement". Une action politique sans couleur ? Diantre. Enfin la personnalisation de l'opposition. Comme si notre bien aimé président ne faisait pas tout pour exister, et comme si le problème c'était lui et pas sa politique... Résultat, ce fut manifestement un bide monumental... Et ça sert qui, tout ça ?
Deuxièmement, la journée où l'on doit éteindre une heure son électricité. Voilà la tartufferie ultime ; comment se donner bonne conscience en jetant une goutte d'eau dans la mer...
Ce militantisme de clavier est peut être sympathique, mais il est à mon sens parfaitement inutile. Les "réseaux sociaux" sont parfait pour lier les gens entre eux, s'informer et communiquer, mais il faudra certainement -et heureusement- toujours se voir et discuter, faire corps et nombre pour agir... C'est notamment tout le sens de l'appel à la mobilisation du lundi 29 mars 2010 pour une démocratie territoriale renforcée et pour une diversité culturelle affirmée de l'UFISC. Je pense que cette mobilisation là est importante, et elle a une réalité de terrain...
Voilà, je voulais faire ce billet hier, mais c'était la journée mondiale pour la procrastination. Et celle-là elle est sacrée.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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