Comme le faisait remarquer l'excellent camarade Denis dans un billet récent (je vous incite d'ailleurs à aller voir ses favoris 2013, comme ceux de Guy, de Pierre et de Nicolas, pour constater la grande diversité de nos musiques), Yes est sous le feu de l'actualité ses dernières semaines. D'abord parce que l'album Tales From The Topographic Oceans fête ses quarante ans (le bel âge), et puis parce qu'un coffret assez alléchant sort ces prochaines semaines.
Je vous invite à lire le texte de l'ami Denis, car il dit beaucoup de ce quer peut être la passion dévorante de la musique, lui qui a eu le privilège de suivre ces groupes à l'époque des sorties de ces albums. Parfois, moi qui suis né en même temps ou peu s'en faut que Relayer, j'ai parfois cette petite jalousie de ce manque d'instantané et de conconcordance avec l'époque ; et puis je me souviens que des plus jeunes, dans 20 ans, ou peut-être même déjà, m'envieront d'avoir suivi les premiers pas de Björk, d'Aphex Twin, de Prefuse 73 ou de Jimi Tenor. Qu'ils m'envieront d'avoir pu constater in vivo que Radiohead, c'était vraiment de la merde et que s'il n'y avait qu'un "Head" à retenir sur la période récente, se serait Murray Beth Gibbons chanterait dedans.
J'ai découvert Yes comme à peu près tout à la discothèque municipale, par le truchement d'un Moine Shaolin de la prescription. J'ai beaucoup écouté de rock progressif en remontant les fils à rebours, comme à peu près toute ma culture musicale ; j'en garde des souvenirs contrastés, notamment à cause de la crême chantilly pseudo savante à base de synthés pourraves et de légendes arthuriennes pour rôlistes qui en sont vite devenu le biotope.
En plus, pour moi, enfant martyr des années 80, Yes c'était "Owner of a Lonely Heart", ce qui méritait la peine capitale, ou peu s'en faut.
Et puis un jour, il y eu la lumière de "Close to The Edge".
Comme beaucoup de disques qui m'ont marqué, je suis capable de dire avec précision ce que je faisais, où j'étais, quel temps il faisait dans ma chambre d'adolescent et le goût du café que j'étais entrain de boire. C'est vrai que Yes, comme d'autres grosse machine des années 70 à les défauts de son hyperbole, mais cette débauche de virtuosité n'est pas vaine comme elle peut l'être pour d'autres formations. Il y a un côté brillant qui n'est pas clinquant. Et surtout une légèreté, une grâce malgré tout le décorum chargé. C'est un album de chevet ; un de plus.
Alors certes, il y a la fin de Yes, qui nous rappelle que la durée de vie créative d'un groupe de pop quel qu'il soit n'excède jamais huit ans. C'est pourquoi il faut garder le meilleur du meilleur.
Le Voici...

 

 

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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