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Sun Ship
Franpi, photographe et chroniqueur musical de Rouen, aime la photo, les concerts, les photos de concerts, la bière, les photos de bière, le Nord, les photos du nord, Frank Zappa et les photos de Frank Zappa, ah, non, il est mort.
Prescripteur tyrannique et de mauvaise foi, chroniqueur musical des confins.
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29 mai 2025

Humanization Quartet - Saarbrücken

Perçu à juste titre comme l’un des quartet transatlantique les plus puissants du temps présent, ce n’est pas la première fois que l’Humanization Quartet nous esbaudit. Nerveux, à fleure de peau, on doit son énergie avant tout à la guitare si éruptive du lusitanien Luis Lopes.
On se souvient il y a quinze ans, de l’album Electricity. Pour moi, c’est indubitablement un disque de nuit blanche, un disque booster, comme peut l’être une boisson énergisante, le sucré en moins.
Et ce sentiment n’a bien entendu rien à voir avec le fait qu’Electricity a vu le jour dans les premiers mois de vie de ma fille, et que les nuits blanches, où cassées étaient pléthore.
Evidemment.
Il n’y a rien de sucré dans ce quartet, c’est avant tout chose un coup de poing violent et paradoxalement d’une douceur et d’un moelleux hors du commun. Un coup de fouet, un réveil violent, qui tient tout autant de la guitare, geyser fascinant que du jeu tellurique et anguleux de Rodrigo Amado, un des meilleurs à l’instrument de la période. On se souvient de The Bridge avec sa cohorte pour Amado, mais chacun de ces disques est une lutte, un rapport de force et de tension. A l’écoute de « Suite 1 », où il fait face à la paire Gonzalez, Aaron à la basse et Stefan à la batterie, le propos est intense et nerveux. Il en est toujours ainsi avec les deux texans.
Il n’y a pas d’opposition de continents, Texas vs Portugal. D’abord parce que Lopes est un électron libre, mais surtout parce qu’il y a une jouissance folle dans ces affrontements.
Quelque chose d’un art pugilistique librement consenti. Une lutte qui gagne forcément l’auditeur qui sourit sous les coups de fléau.
Une mêlée où la contrebasse d’Aaron Gonzalez a ce calme impavide et cette faim de rythme, morfale organisateur des duels et des foires d’empoigne, avec la même froideur -au sens calme- que ce qu’il avait pu démontrer dans le récent hommage à leur père. Quant à Stefan, il est pareil à lui-même également, toujours sur la brèche, toujours aussi éruptif, sans rien perdre cependant d’un sens du groove venimeux (l’intro de la « Suite II », très blythien, on va y venir.)
Quelle énergie !
On s’amusera à voir ce quartet bientôt majeur -17 ans que Lopes organise cette orgie- cite dans ses influences, en utilisant volontairement des réminiscences dans ce présent concert, les compositions d’Arthur Blythe, lui-même artificier en chef de ses propres combats, saxophoniste rude et intransigeant, comme sait si bien l’être Rodrigo Amado.
Sur Citizen Jazz, mon camarade Nicolas Dourlhès parle de force primitive en parlant de Blythe, et c’est une bonne image que l’on retrouve ici, dans ce concert enregistré à Sarrebrücke au SaarFree JazzFest Saarbrücken en 2021. Car effectivement, ce serait une erreur de parler de Power Quartet à propos du Humanization 4tet. Il y a davantage l’image d’une lame de fond.
Quelque chose de crûment naturel, une manifestation physique de la pierre.
Une éruption, un tremblement.
Et une force jouissive et palpitante.

 

Et une photo qui n’a strictement rien à voir...

 

 

 

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